Entrevue

3. janv., 2016

Dans le cadre du lancement de son 30e album en carrière, il me fait plaisir de vous partager une rencontre avec Bradfield. Il nous parle de son album et de l'impact de la musique sur notre âme

Bonne lecture!

 

 

 

 

Bradfield, parle-moi de ton nouvel album Mantra Spirit. Que représente cet album pour toi et d’où vient cette inspiration?

De 2005 à 2009 je suis vraiment allée explorer à fond cette culture. On dit souvent que le bouddhisme est une religion, mais ce n’est pas du tout cela. C’est une manière de vivre, une façon d’être et surtout une croyance qui nous responsabilise vers soi. Et ceci m’a beaucoup attirée parce que ça correspond avec ma philosophie de vie et la possibilité d’auto guérison aussi.

Je ne suis pas un artiste qui va faire comme les autres. Alors plus je m’approfondissais dans le bouddhisme j’étais curieux d’aller voir et de creuser dans les syllabes sacrées qui sont à l’origine de tous les mantras. Normalement on les entend en sanskrits avec une approche hindou. Moi j’ai pris l’approche tibétaine. Il y a plusieurs similarités, mais il y a certains mots dans les syllabes sacrés qui sont prononcés autrement dans le Tibétain à cause de leurs origines où c’est une culture qui n’ont pas eu un grand accès à l’éducation. Alors c’est beaucoup dans la transmission venant des plus âgées, de la tradition de partager oralement en fait. Alors ils ont appris à chanter les mantras de cette manière.

Aussi avec tous les désastres qui ont eu lieu dans cette culture venant de l’invasion Chinoise, je trouvais intéressant de mettre un peu de lumière sur cette culture. Et d’ailleurs j’ai déjà fait un DVD à ce sujet. J’ai donc appris lire et à jouer avec les phonétiques tibétaines pour pouvoir aller les écrire soigneusement dans les pochettes de disques. Je ne voulais pas juste prendre ce qui était là, mais au niveau des mantras je voulais garder ce riche héritage et amener quelque chose de complètement nouveau en même temps.

Donc à l’époque ce que j’ai fait c’est de garder les syllabes sacrées (les mantras) et je les ai écrit une par une et finalement pendant 4 ans j’ai travaillé des nouvelles mélodies pour ces mantras-là. À ce moment-là c’est devenu Bouddha Spirit 1 -2  et 3. Ceci est donc l’héritage de tout ça.

Depuis quelques années dans mes conférences, ateliers et salons j’ai commencé à chanter un mantra de temps à autre afin d’activer une guérison spontanée du groupe. Ainsi de plus en plus de personnes me demandaient les mantras sur CD. Bien entendu j’avais des CD mais à ce moment ils étaient avec la voix d’Anael. Par contre les gens qui m’avaient entendue chanter voulaient ma voix.

Alors au printemps 2015, j’ai trouvé un peu de temps libre afin de retravailler les mantras. J’ai pris 3 mantras de chacun des albums de « Bouddha Spirit » avec l’idée de complètement les réinventé. J’ai gardé les mélodies que j’avais faites il y un certain temps et je les ai refait avec une énergie plus dynamique et plus puissante au niveau de l’enracinement terrestre. De ça a émergé « Mantra Spirit » qui a une énergie très différente de ce que j’ai fait auparavant tout en étant une suite logique et consciente de ce que j’avais débuté.

Pour ma part, je peux te dire que lorsque j’écoute les versions enregistrer avec Anael, je pourrais les écouter comme une mélodie, mais lorsque j’écoute Mantra Spirit, où c’est toi, Bradfield, qui chante, c’est complètement différent pour moi. Il y a un travail énergétique qui se fait, un nettoyage, une épuration qui ne se fait pas avec les autres versions. Est-ce possible que ce soit dû au fait que tu n’étais pas dans la même vibration au moment d’enregistrer les nouvelles versions?

Ceci se passe beaucoup au niveau de la résonnance de la personne. Dans ton cas ça ne me surprend pas. Je connais un peu l’impact que ma voix a eu  toi, mais pour moi on ne peut pas aller plus pure qu’avec Anael et ces disques-là. Ils ont une énorme pureté et beaucoup sont devenus des références maintenant. Ça dépend de nous nous sommes rendus dans notre cheminement. J’apprécie beaucoup que tu ressentes la différence, mais chacun a un but et une puissance très différente. C’est clair que présentement ça me ressemble parce que c’est moi qui chante et donc c’est mon énergie actuelle.

Ceci vient peut-être justement du fait que j’étudie également le bouddhiste tibétain et c’est là qu’on se rejoint toi et moi en vibration et qu’ainsi il y a un impact plus important sur moi quand j’écoute la musique, car à ce niveau on se ressemble beaucoup.

Oui, c’est bien. Je suis content.

Pour ces mantras, est-ce que tu as une idée de l’impact qu’ils peuvent avoir sur les gens ou peut-être un conseil pour les gens qui voudraient travailler avec ces mantras?

Premièrement, on sait que tout est harmonie. On dirait que tout le monde utilise les mantras ou chante des mantras aujourd’hui.

La première chose, on sait qu’avec les musiques de Bradfield on va aller explorer d’autres niveaux vibratoires. Les mantras que je propose, et surtout avec cet album-là, sont vraiment atypiques de ce qu’on va entendre ailleurs. Premièrement, je ne travaille pas dans le monotone. C’est-à-dire (je ne parle pas de la répétition) mais j’explore la mélodie. Avec cet album-là, on amène un décor sonore assez différent. Il y a du didgeridoo ainsi qu’énormément de percussions et des rythmes. C’est un clin d’œil à un projet que j’ai fait avant, dans le sens où je vais explorer des rythmes oriental et arabe. Et clairement avec ma voix qui est, selon les feedbacks que je reçois, une voix qui prend beaucoup de place. Alors en l’écoutant et en s’imprégnant de cette voix là, c’est clair qu’il y a des choses qui bougent.

C’est un album de mantras qui est très fort au niveau de l’enracinement. L’autre jour justement je l’ai fait écouter à une personne et après quelques secondes elle avait des picotements dans les pieds, avant même que je lui parle d’enracinement.

Moi-même je peux utiliser des exemples de musique que j’ai découverte à travers le temps qui ont eu  un impact très précis au moment de la découverte et qu’après il y a un ajustement. C’est qu’à travers la musique, un portail s’ouvre. La première fois un travail se fait et ensuite il y a une intégration. Là tu parles que tu peux l’écouter et c’est correct, mais en fait ce que cette musique avait à t’apporter au niveau vibratoire est maintenant intégré à un certain point en toi afin que toi tu puisses maintenant l’assimiler plus confortablement.

Cette intégration-là, est-ce que tu la considères avec tous les types de musiques ou plus spécifiquement avec les mantras?

Je pense que ça se passe sur toutes les sortes de musique, dont celles hautement vibratoires. Ce n’est pas exclusif au mantra du tout.

Moi j’évite tout ce les gens font. Pendant des années je n’ai pas fait de mantras. Ça fait maintenant près de 18 ans que je fais des albums publiquement et j’ai évité longtemps de faire ceci, car je me disais que lorsque je sortirait un album c’est que j’apporterais quelque chose de différent. Je trouve que les mantras sont très intéressants sur plusieurs plans, mais ce n’est pas ma musique préférée. Moi je suis un poète et donc un mantra ce n’est pas moi qui l’a écrit. Ce sont des syllabes sacrées qui datent de très longtemps. Moi ce qui me fait ‘’triper’’ le plus c’est l’écrire moi-même et l’intégré avec la musique. Les musiques que j’ai écouté (disons comme une personne qui apprécie à travers le temps) c’est une musique qui vient me chercher sur d’autres plans. Pas nécessairement les mantras. Je pense que la musique, la vibration qui y est imprégnée, peu importe, a la possibilité de guérir. Comment pourrais-je te dire? Les musiques sont tellement variées que c’est toujours une question d’où nous sommes rendus. Qu’est-ce qu’on est capable d’assimiler parce que la musique que tu as écoutée quand tu avais 10 ans pourrait te faire vibrer encore aujourd’hui, comme ça pourrait être l’inverse. C’est une question de qu’est-ce qui te fait vibrer.

Je te donne un exemple au niveau des textes. Je suis certaine qu’au niveau adulte tu as écouté des chansons que tu écoutais plus jeune. Tu les écoutes aujourd’hui, et surtout une personne comme toi qui apprécie les mots et tu te dis ‘’ça pas de bon sens chanter ceci. C’est n’importe quoi. Ça ne veut rien dire’’. Quand on est jeune, on les chante parce que ça nous accroche, il y a une belle mélodie. Mais lorsque tu réalises ce que c’est, toute la vibration que ça portait près de sa valeur pour nous. Ici je te parle l’expérience que j’ai vécue. Par contre  l’opposer peut être vrai aussi. Par exemple la musique classique. Pour les jeunes ça fait trop théorique, c’est long, on n’aime pas tellement. Prends par exemple la 1er fois que je suis allée voir une symphonie au Centre National des Arts. J’avais hâte que ça finisse et je trouvais la soirée longue. Aujourd’hui c’est une tout autre expérience pour moi parce que ça ne me rejoint plus de même façon. La musique est toujours un miroir de ce qu’on est.

Donc la musique est un reflet de la vibration où nous sommes rendus dans notre cheminement intérieur?

Voilà, exactement.

Tu vois moi je n’écoute pas beaucoup la musique, mis à part des cd de Bradfield, Steve Trottier, Nathalie Gauthier, etc.. Je n’écoute presque pas la radio ou tout ce qui se fait de nouveau du côté musical. Donc je n’écoute que de la musique qui travaille au niveau énergétique et spirituel. Quand je diffuse mon émission radio, je mets quelques pièces musicales pour mes auditeurs, car mon auditoire est vaste mais c’est important pour moi qu’il y ait au moins 1 pause musicale avec des pièces spirituelle, comme les tiennes par exemple.

Là tu m’ouvres la porte à une belle citation que je veux te faire pour approfondir ma réponse de tantôt quand je parlais des autres plans. La musique, les vibrations et les sons qui nous entourent sont intégraux à la vibration que l’on porte.

La musique est porteuse d’une énergie très particulière. C’est-à-dire qu’il est capable de nous faire danser, de nous élever, de nous faire pleurer, de nous emmener à une place où nous ne savions pas que c’était possible. Il est aussi capable de nous rendre agressifs, par exemple si je parle du heavy métal. Ça nous imprègne de leurs fréquences, peu importe.

Alors on se peut se poser la question, car on est sur le point d’arriver en 2016 ‘’Quel genre d’énergie est-ce que nous avons envie de transmuter en nous? Quel genre d’énergie avons-nous envie de porter?’’ Et ainsi ce que nous dégagerons aux autres. Alors il est clair que la musique, sur tous les plans, est un reflet de ce qui vibre à l’intérieur parce qu’il devait un accompagnateur, un genre de bande sonore ou trame sonore de notre existence terrestre. Alors c’est très important de choisir.

Par exemple les gens qu’on rencontre dans la rue qui écoute la musique très fort. Il n’est pas là. Il y a une certaine inconscience. La musique enterre finalement ses sentiments et ça le coupe à tout ce qui se passe autour de lui. Voici un autre exemple : une dame qui écoute la télévision sans cesse parce qu’elle ne veut pas le silence. Elle a peur, car elle ne sait pas ce qui peut émerger du silence.

C’est la même chose pour la musique. Les bruits, les sons et tout ce qui nous entoure deviennent la trame sonore de notre existence. Alors en sachant tout ça et en sachant que la musique hautement vibratoire porte une énergie de guérison possible, une énergie de transmutation, d’élévation et porteuse de révélation d’un chemin intérieur non révélé ça devient très intéressant alors d’aller chercher le maximum.

Tu sais je n’aime pas trop parler de ce que ma musique peut faire sur les gens, mais à travers les années et les témoignages reçus c’est intéressant d’écouter ces gens.

Peut-être qu’il est parfois difficile de dire ou expliquer ce que ta musique peut apporter à la personne, car c’est selon le besoin de chaque personne, sa vibration, résonance et que cette personne doit travailler? Avec les mantras c’est plus facile, car nous savons ce que le mantra travaille, apporte à la personne qui le récite, mais dans une trame musicale c’est peut-être plus difficile de connaitre les effets?

Je ne suis pas tellement d’accord avec toi et je m’explique. Depuis environ 18 mois, j’ai commencé à conseiller des musiques. Les gens me disaient ‘’es-tu capable de nous regarder dans les yeux et de nous dire quel album serait le mieux pour nous?’’ Et je disais, ‘’et bien je ne sais pas, mais je vais essayer.’’ Et maintenant les gens sont étonnés des conseils et me disent ‘’et bien c’est exactement cela’’. Quand je vois dans le regard par exemple, c’est fou comment les regards se ressemblent.

Je te donne un exemple : une personne qui dégage grande tristesse dans son regard et son âme. Je peux à ce moment-là l’orienter directement sur des musiques qui sont dans mon catalogue et qui vont aller travailler cette tristesse. Soit pour aider à la guérir, l’enlever, ouvrir un portail pour l’enlever. Je peux le faire maintenant parce que je connais tellement mes musiques et surtout du fait que nous sommes tous unis. Avec tout ce travail que je fais je m’oriente vers le public. Je peux même trouver la pièce musicale spécifique qui à ce moment-là ferait du bien et même plus, selon le besoin actuel de la personne au niveau vibratoire.

Moi je te dirais qu’à ce moment-là c’est surtout une connexion d’âme à âme qui se fait. C’est comme moi lorsque je reçois des gens en lecture de l’âme. Je me connecte avec la vibration de la personne et je sais ce qu’elle a besoin de surmonter comme émotion, qu’est-ce qui lui causent des malaises et des lourdeurs dans sa vie et ainsi je peux mieux la guider vers une libération.

Et voilà! Je veux aussi ajouter que c’est un travail qui prend une énorme pureté d’intention parce que s’il y a la moindres manipulation, ego, etc.. Ça ne marche pas. Les gens font énormément confiance aux thérapeutes et à toutes sortes de gens et moi ça me gruge quand je vois des gens abuser de ceci. Moi j’appelle ça une fausse spiritualité. Il y en a. Ça existe et on le voit dans les salons parfois. Il faut vraiment faire attention. Pour moi c’est un privilège de pouvoir aider une personne. Je ne tiens jamais ceci pour acquis. La pureté d’intention est tellement importante dans tout ceci.

C’est comme dans la musique. Elle est directement influencée par qui tu es. Donc si tu as des blessures, des bagages ou que tu es dans l’ego par exemple, peu importe la pureté de la transmission, ce que tu redonnes aux clients ou à ton monde est influencer par qui tu es.

Moi je n’écoute plus la radio non plus et j’écoute très peu la musique en général et la raison est simple. J’écoute très peu de musique car je ne veux pas être influencée. Moi j’ai envie d’emmener ce qui vient directement de mon âme, de la source et de mon don. Alors j’écoute très peu et quand je suis inspiré je sais que généralement ça n’a pas été affecté. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas une certaine influence car ce qui nous a impression en bas âge nous influence. J’ai un énorme bagage musical. J’ai plus de 10 ans d’études de musique classique mais aujourd’hui je préfère le silence à écouter des choses extérieur. Je passe tellement de temps à travailler que lorsque je suis en pose, j’aime bien écouter le silence.

Oui effectivement on est tellement bien dans le silence. C’est tellement important!

Oui effectivement et ça dépend de la personne. Une musique pour les oreilles de uns est la chaos aux oreilles d’un autre!

L'album Mantra Spirit sera disponible sur le site de Bradfield à compter de janvier 2016.

Site: www.apsismusic.com